Trois petites citadines électriques, un même ADN japonais, et une disparition qui a alimenté une idée fausse: l’arrêt des Peugeot iOn et Citroën C-Zero ne signe pas l’abandon des véhicules électriques, mais la fin d’un programme de rebadgage PSA-Mitsubishi pris en étau entre volumes trop faibles, évolution rapide des normes européennes et nécessité d’investir dans des plateformes dédiées. Pour les automobilistes, l’enjeu est plus concret: comprendre ce qui s’est arrêté exactement, ce que cela implique pour l’homologation, le SAV, les pièces détachées et la batterie, et comment se positionner sur le marché de l’occasion sans confondre fin d’un modèle et fin d’une technologie.
- La Peugeot iOn et la Citroën C-Zero sont des modèles rebadgés de la Mitsubishi i-MiEV, conçus et produits au Japon par Mitsubishi, puis adaptés et badgés par PSA.
- En août 2012, Mitsubishi a confirmé une interruption « momentané » de l’approvisionnement vers PSA, officiellement pour permettre à PSA d’ajuster ses stocks dans un marché jugé difficile.
- Les chiffres d’immatriculations en France au premier semestre 2012 montrent des volumes très faibles, ce qui fragilise la rentabilité et complique l’alignement sur les normes européennes d’homologation.
- La fin du rebadgage n’équivaut pas à un abandon de l’électrique: elle illustre surtout le passage à des stratégies industrielles basées sur des plateformes dédiées et des investissements lourds.
- Pour les propriétaires, l’essentiel se joue sur le suivi batterie, la disponibilité des pièces détachées et la valeur en occasion, plus que sur une supposée « fin » du SAV.
Table des matières
De quels modèles parle-t-on et que signifie la fin du rebadgage

Le trio concerné est bien identifié: la Mitsubishi i-MiEV, et ses deux « clones » européens vendus sous badges PSA, la Peugeot iOn et la Citroën C-Zero. Le principe du rebadgage est simple: un constructeur conçoit et fabrique un véhicule, puis un partenaire le commercialise sous sa propre marque avec des ajustements limités (logo, équipements, parfois une calibration ou une offre commerciale). Dans ce cas précis, la conception et la production sont japonaises, chez Mitsubishi, tandis que PSA a assuré le branding et la distribution en Europe.
Ces citadines ont été commercialisées en Europe à partir de la fin 2010 côté PSA. Le programme s’inscrivait dans une séquence plus large: en 2005, PSA indiquait avoir « abandonné l’électrique », tout en revendiquant 10 000 véhicules électriques vendus entre 1995 et 2005. Puis, le 27/06/2008, PSA et Mitsubishi annonçaient étudier une « coopération technique étendue » sur les véhicules électriques, avec une décision annoncée « d’ici la fin de l’année 2008 » sur la poursuite du projet. Mitsubishi, de son côté, projetait en 2009 la commercialisation au Japon d’une « nouvelle génération » de i-MiEV avec batteries lithium-ion.
Dire que ces modèles « ont disparu » recouvre en réalité plusieurs notions qu’il faut séparer pour éviter les contresens:
- Fin de fourniture: le fournisseur (Mitsubishi) cesse ou suspend les livraisons au partenaire (PSA).
- Fin de commercialisation: la marque (Peugeot, Citroën) retire le modèle de son catalogue, parfois après déstockage.
- Fin de production: l’usine arrête d’assembler le véhicule, ce qui peut arriver plus tard, ou plus tôt, selon la stratégie industrielle.
Dans l’épisode qui a marqué les esprits, on parle d’abord d’une interruption d’approvisionnement vers PSA: une information publiée le 06/08/2012 évoque une suspension, et le 07/08/2012 (16: 53), Mitsubishi confirme un arrêt « momentané »/interruption de l’approvisionnement en voitures électriques à destination de PSA, en expliquant que PSA doit « ajuster ses stocks » dans un marché considéré comme difficile avec ralentissement des ventes. Le même jour, PSA et Mitsubishi déclarent officiellement ne pas être dans une logique de rupture, en insistant sur le caractère « momentané ».
Autrement dit, la « fin » du rebadgage n’est pas un slogan anti-électrique, mais le moment où un montage industriel opportuniste cesse de fonctionner à l’échelle et au rythme exigés par l’Europe. Ce constat amène naturellement à la question centrale: pourquoi Mitsubishi a interrompu la fourniture à PSA.
Pourquoi Mitsubishi a interrompu la fourniture à PSA
La cause officielle communiquée en août 2012 tient en une formule: ajustement des stocks chez PSA dans un marché jugé difficile. Cette justification colle à un indicateur clé, rarement rappelé: les volumes étaient très faibles, au point de rendre le modèle économique fragile pour les deux parties.
Les repères disponibles sur la France au premier semestre 2012 sont parlants: PSA a immatriculé « à peine 150 » Peugeot iOn, soit « moitié moins » que sur le premier semestre 2011, tandis que la Citroën C-Zero affiche 390 ventes, indiquées comme maintenues par rapport au premier semestre 2011. Ensemble, iOn + C-Zero pèsent 0,04 % du marché français total sur la période. Et au premier trimestre 2012, le marché de l’électrique en France est donné à « à peine 1 200 » immatriculations (0,2 % du marché total), avec une part importante attribuée à des véhicules déployés dans le cadre d’Autolib’.
À ces volumes s’ajoute un facteur de prix qui a pesé sur la demande: un prix de lancement évoqué autour de 30 000 €, puis des baisses marquées. Le symbole le plus frappant reste une offre de déstockage mentionnée avec une Peugeot iOn proposée à 10 900 €, signal d’un écart majeur entre ambition initiale et réalité commerciale. Quand un modèle nécessite des rabais aussi importants pour sortir des parcs, la chaîne entière se tend: immobilisation de capital, coûts logistiques, visibilité réduite sur la valeur résiduelle.
Il existe aussi des causes industrielles et technologiques, souvent combinées, même si elles sont difficiles à hiérarchiser avec certitude sans documents internes. Les citadines électriques de cette génération se retrouvaient rapidement comparées, par le public et par les flottes, sur des critères en évolution rapide:
- Autonomie et usage réel: l’écart entre attentes et usages (chauffage, vitesses, trajets périurbains) a pu limiter la demande.
- Recharge: l’expérience dépendait fortement des infrastructures disponibles et des standards, ce qui pouvait freiner l’adoption.
- Coût total: à prix facial élevé, l’équation devenait plus difficile hors aides et usages très ciblés.
Enfin, il faut intégrer un paramètre structurel: l’homologation et l’adaptation continue aux normes européennes. Même sans citer de seuils ou de calendriers précis, la logique est constante: maintenir un véhicule conforme implique des mises à jour, des tests, des dossiers, et des coûts fixes. Sur des volumes faibles, ces coûts pèsent proportionnellement plus lourd, et un montage de rebadgage peut devenir moins pertinent qu’une plateforme pensée dès le départ pour plusieurs marques et plusieurs marchés.
Le contexte des alliances et des priorités a également compté. PSA et Mitsubishi coopéraient aussi hors électrique: Peugeot 4008 et Citroën C4 Aircross étaient décrits comme des Mitsubishi ASX restylés, avec fabrication dans l’archipel et usage partiel de motorisations diesel françaises, et une usine partagée en Russie est mentionnée. Mais fin février 2012, un « mariage »/accord PSA avec GM est évoqué comme pouvant freiner à terme les coopérations PSA–Mitsubishi. Même sans en faire l’unique cause, ce type de recomposition rend les programmes périphériques plus vulnérables.
Au total, l’interruption de fourniture apparaît comme un signal de bascule: quand le marché ne décolle pas, que les rabais s’accumulent, et que la conformité réglementaire demande des investissements, le rebadgage perd sa raison d’être. Cette bascule éclaire directement ce que cela dit des stratégies de constructeurs autour de l’électrique.
Ce que cela dit des stratégies de constructeurs autour de l’électrique
L’épisode i-MiEV/iOn/C-Zero illustre une trajectoire classique de l’industrie: commencer par un partenariat opportuniste pour « être présent » rapidement, puis basculer vers des plateformes dédiées quand le marché, la réglementation et la concurrence imposent une montée en puissance. Le rebadgage permet de tester un segment sans porter seul tous les coûts de développement. Mais il montre vite ses limites: différenciation faible, marges sous pression, et dépendance à l’agenda industriel du fournisseur.
Ce tournant est aussi réglementaire. L’Europe a renforcé progressivement ses exigences, et l’homologation devient un poste stratégique: plus le véhicule est spécifique, plus l’effort de mise en conformité se répète à chaque évolution. À l’inverse, une plateforme multi-marques et multi-modèles amortit mieux ces coûts. C’est l’une des raisons pour lesquelles les groupes ont ensuite privilégié des architectures conçues pour être déclinées, plutôt qu’un modèle importé et rebadgé en faible volume.
La question « Quel constructeur arrête les voitures électriques ? » revient souvent parce que l’arrêt d’un modèle est visible, alors que la stratégie globale l’est moins. Un constructeur peut arrêter un modèle électrique sans arrêter l’électrique. Dans ce cas, PSA n’a pas « renoncé » à la motorisation électrique en 2012: il a surtout constaté que ces citadines rebadgées ne trouvaient pas leur place au volume attendu. Les objectifs annoncés lors du lancement étaient ambitieux sur le papier: PSA communiquait sur 7 000 ventes en Europe en 2011 et 18 000 en 2012. Or, les indicateurs français de 2012 montrent un marché encore étroit et très dépendant de déploiements de flotte, ce qui rend ces objectifs difficiles à tenir.
La suite logique, côté industrie, consiste à investir là où l’on peut contrôler la chaîne de valeur: conception, batteries, logiciels, et industrialisation. C’est aussi le sens des regroupements: PSA est devenu un pilier de Stellantis, tandis que Mitsubishi s’inscrit dans l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Ces structures ne signifient pas l’uniformité, mais elles orientent les priorités: mutualiser les plateformes, sécuriser l’approvisionnement, et concentrer les budgets sur des familles de véhicules capables de passer les normes européennes et de répondre à la demande.
Cette clarification des stratégies nourrit une autre confusion fréquente, alimentée par les changements de logos et de groupes: Mitsubishi a-t-il été racheté et par qui.
Mitsubishi a-t-il été racheté et par qui
Non, Mitsubishi n’a pas été racheté par PSA, ni par Stellantis. La confusion vient du fait que le rebadgage donne l’impression d’une intégration, alors qu’il s’agit d’un accord industriel et commercial limité, centré sur un produit.
À la question « Qui a racheté Mitsubishi ? », la réponse la plus utile est de distinguer trois niveaux:
- Rachat: une entreprise en acquiert une autre et en prend le contrôle total.
- Prise de participation: un acteur entre au capital, sans nécessairement absorber l’entreprise.
- Alliance: coopération structurée (technologies, achats, plateformes) entre groupes qui restent juridiquement distincts.
Mitsubishi est aujourd’hui positionné au sein de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Cette appartenance à une alliance explique pourquoi Mitsubishi peut orienter ses choix industriels selon des priorités communes (plateformes, marchés), tout en gardant ses propres gammes et son identité. De l’autre côté, PSA a changé de périmètre en rejoignant Stellantis, ce qui a également redéfini les partenariats jugés stratégiques.
Comprendre cette architecture évite une erreur de diagnostic chez les automobilistes: la fin du rebadgage ne signifie ni disparition de Mitsubishi, ni rupture automatique du support. Reste la question la plus concrète pour le terrain: fiabilité de Mitsubishi et impact sur les propriétaires des modèles rebadgés.
Fiabilité de Mitsubishi et impact sur les propriétaires des modèles rebadgés
À la question « Est-ce que la marque Mitsubishi est fiable ? », la réponse doit rester factuelle et prudente: Mitsubishi bénéficie d’une réputation de robustesse sur de nombreux marchés, mais la fiabilité se juge surtout modèle par modèle et selon l’entretien. Pour les iOn et C-Zero, l’enjeu n’est pas seulement la fiabilité « mécanique » au sens classique, car un véhicule électrique a moins d’organes d’usure qu’un thermique. Les points sensibles se concentrent ailleurs: batterie, électronique de puissance, charge, et disponibilité du SAV.
Ce que l’arrêt du rebadgage change réellement pour les propriétaires se résume en trois blocs: support, pièces, et valeur.
- SAV et réseau: l’entretien courant (freins, pneus, trains roulants) reste gérable dans les réseaux généralistes, mais les diagnostics haute tension exigent un atelier formé et équipé. Une fin de commercialisation n’annule pas par principe la capacité d’entretien, mais elle peut réduire la fréquence des interventions et donc l’expertise disponible localement.
- Pièces détachées: sur un modèle à faible diffusion, certaines références peuvent devenir moins disponibles ou plus chères, surtout pour des éléments spécifiques (composants de charge, éléments de carrosserie propres). L’important est d’identifier les pièces communes au « clone » Mitsubishi i-MiEV et celles propres au badge PSA.
- Batterie: la valeur d’usage dépend de l’état de santé de la batterie. Sur le marché de l’occasion, c’est le premier déterminant du prix réel, devant l’année ou le kilométrage.
Pour objectiver une recherche en occasion, il est utile de raisonner par scénarios d’usage plutôt que par fantasmes de « fin du support »:
- Usage urbain régulier: ces citadines restent cohérentes si l’autonomie disponible couvre les trajets quotidiens avec marge, et si la recharge à domicile ou sur un point fiable est accessible.
- Usage périurbain contraint: le risque est la dépendance à la recharge publique et la sensibilité aux conditions (vitesse, chauffage), ce qui impose une batterie en bon état.
- Deuxième voiture: c’est souvent le cas d’usage le plus rationnel, car il limite l’exposition aux contraintes de recharge.
Sur la valeur en occasion, l’arrêt du rebadgage a un effet ambigu: il peut peser sur la désirabilité « grand public », mais il peut aussi stabiliser une niche d’acheteurs informés qui cherchent une petite électrique simple, à coût d’usage contenu, à condition que la batterie soit saine. C’est un marché où l’écart entre une bonne et une mauvaise affaire se joue davantage sur le diagnostic que sur l’étiquette de marque.
Ce pragmatisme est d’autant plus nécessaire que certains utilisent l’arrêt de ces modèles comme argument général contre l’électrique. Il faut donc traiter frontalement pourquoi certains affirment que la voiture électrique n’est pas l’avenir, et ce que les faits montrent.
Pourquoi certains affirment que la voiture électrique n’est pas l’avenir, et ce que les faits montrent

À la question « Pourquoi la voiture électrique n’est pas l’avenir ? », les objections reviennent souvent en boucle. Une partie relève de limites réelles, une autre d’un glissement logique: prendre l’échec commercial d’un modèle, ou la fin d’un programme de rebadgage, comme preuve que toute la filière est condamnée. L’épisode iOn/C-Zero montre surtout que le produit, le prix et l’infrastructure n’étaient pas alignés avec un marché encore minuscule en 2012, pas que l’électrique était « fini ».
Les arguments récurrents, et ce qu’on peut en dire sans caricaturer:
- Matières premières et dépendances: l’électrification déplace une partie des contraintes vers l’amont (mines, raffinage, chaînes d’approvisionnement). C’est un sujet industriel et géopolitique, pas un simple débat de comptoir. Mais c’est aussi précisément ce qui pousse les groupes à sécuriser des filières et à investir, plutôt qu’à abandonner.
- Coût d’achat: l’exemple des iOn/C-Zero est parlant, avec un prix de lancement évoqué autour de 30 000 €, puis des déstockages massifs. Cela illustre une phase de marché où les coûts et les volumes ne permettaient pas une diffusion large sans aides ou remises.
- Autonomie et recharge: ces deux paramètres étaient un frein majeur au début des années 2010, surtout dans un environnement où le réseau était limité et hétérogène. Le marché français du premier trimestre 2012, donné à « à peine 1 200 » immatriculations (0,2 %), montre un segment encore très expérimental, en partie tiré par des flottes.
- Empreinte carbone et durée de vie: la réalité dépend du mix électrique, des usages, et de la longévité. Ce sont des sujets d’évaluation, pas des slogans. Là encore, l’industrie et les normes européennes poussent vers des améliorations mesurables, ce qui explique la bascule vers des plateformes dédiées et des investissements lourds.
Ce que les faits de ce dossier montrent, c’est un point précis: en 2012, les volumes étaient trop faibles (0,04 % du marché français pour iOn + C-Zero au premier semestre) pour soutenir durablement un programme importé, rebadgé, soumis aux exigences d’homologation et à une pression prix très forte. Ce n’est pas une démonstration de l’échec structurel des véhicules électriques, mais une photographie d’un marché encore immature, avant la montée en puissance des stratégies de groupe et des architectures pensées pour l’Europe.
Reste à traduire cela en décisions concrètes pour les particuliers: acheter, garder ou revendre une iOn ou une C-Zero aujourd’hui.
Conseils pratiques: acheter, garder ou revendre une iOn ou une C-Zero aujourd’hui
Pour décider, le plus efficace est d’utiliser une grille simple: usage, batterie, charge, coûts, pièces détachées et SAV. Ces modèles peuvent être pertinents, mais seulement si l’on achète avec méthode.
1) Vérifier l’adéquation à l’usage
- Trajets quotidiens courts et répétitifs: bon cas d’école.
- Possibilité de recharge régulière à domicile ou sur un point fiable: quasi indispensable pour la sérénité.
- Besoin fréquent d’autoroute ou de longues distances: risque de déception, sauf usage très ponctuel et planifié.
2) Contrôler l’état de la batterie avec des preuves
La batterie conditionne l’autonomie, la valeur et la revente. Exigez des éléments concrets: historique d’entretien, factures, cohérence des usages. Sans inventer de seuil universel, retenez une règle pratique: une batterie dont l’état est documenté vaut plus qu’une batterie supposée « correcte ». En essai, surveillez la stabilité de l’affichage d’autonomie, le comportement en charge, et les éventuels messages d’alerte.
3) Évaluer la recharge et les accessoires
- Présence et état du câble de recharge, compatibilité avec vos prises et votre installation.
- Essai de charge réel, pas seulement un branchement de quelques secondes.
- Vérification de la trappe, des connecteurs et de l’absence d’échauffements anormaux.
Pour sécuriser la recharge à domicile, un équipement dédié et des accessoires adaptés peuvent améliorer la fiabilité d’usage et réduire les mauvaises surprises.
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4) Anticiper pièces détachées et SAV
Avant achat, identifiez un atelier capable d’intervenir sur la partie haute tension, et demandez quels délais sont constatés sur les pièces spécifiques. Sur un véhicule rebadgé, la référence de pièce peut exister côté PSA ou côté Mitsubishi, ce qui peut aider. L’objectif n’est pas d’exiger une disponibilité parfaite, mais d’éviter l’achat « à l’aveugle ».
5) Lire le marché de l’occasion comme un marché de niche
La faible diffusion et la fin de commercialisation créent un marché polarisé: une voiture saine, bien documentée, se vend à un acheteur informé; une voiture à batterie fatiguée ou à historique flou peut rester longtemps en annonce. La bonne stratégie:
- Si vous achetez: privilégiez l’état batterie et les preuves, négociez sur les incertitudes (câbles manquants, entretien absent).
- Si vous gardez: optimisez l’usage (charge régulière, conduite souple), conservez toutes les factures, et faites diagnostiquer avant que les symptômes n’apparaissent.
- Si vous revendez: préparez un dossier clair (historique, essais de charge), car la transparence fait le prix.
FAQ
Quel constructeur arrête les voitures électriques ?
En pratique, les constructeurs arrêtent surtout des modèles ou des programmes non rentables, pas « l’électrique » en bloc. L’arrêt du rebadgage iOn/C-Zero provient d’une interruption d’approvisionnement confirmée comme « momentané » en août 2012, dans un marché à faibles volumes, et ne prouve pas un abandon général des véhicules électriques.
Qui a racheté Mitsubishi ?
Mitsubishi n’a pas été racheté par PSA ni par Stellantis. La marque est intégrée à l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, ce qui correspond à une logique d’alliance et de coopération, pas à un rachat par le groupe PSA.
Est-ce que la marque Mitsubishi est fiable ?
Mitsubishi a une réputation globalement robuste, mais la fiabilité se juge au cas par cas. Pour i-MiEV/iOn/C-Zero, l’attention doit se porter sur la batterie, la charge, l’électronique et la capacité du SAV à intervenir, plus que sur une mécanique traditionnelle.
Pourquoi la voiture électrique n’est pas l’avenir ?
L’argument est souvent basé sur des limites réelles (coût, recharge, matières premières) mais il devient trompeur quand il confond l’arrêt d’un modèle avec l’échec d’une filière. Les faits de 2012 montrent surtout un marché étroit et des volumes insuffisants pour soutenir un programme rebadgé soumis aux contraintes d’homologation et de rentabilité.
La fin de la Peugeot iOn et de la Citroën C-Zero raconte moins une marche arrière qu’un changement de méthode: passer d’un rebadgage rapide à des stratégies industrielles capables d’absorber les normes européennes, les investissements et les attentes d’usage. Pour les propriétaires et acheteurs, la clé reste la même: raisonner batterie, charge, pièces détachées et SAV, plutôt que lire l’arrêt d’un modèle comme un verdict sur l’électrique.






